Bigard, clown triste

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Message par Séverine le Mar 18 Sep 2007, 21:39

Bigard, clown triste



Sa mère décédée d'un cancer, son père assassiné un an plus tard : Bigard se livre sans tabou dans Rire pour ne pas mourir

BRUXELLES Rire pour ne pas mourir, le titre est fort mais résume bien le credo de Jean-Marie Bigard. L'humoriste publie cette semaine son autobiographie (Oh ! éditions), dans laquelle il couche, page après page, les malheurs dont la vie ne l'a pas épargné. Alors qu'il n'a que 20 ans, sa mère, qu'il adore, décède d'un cancer du pancréas; l'année suivante, son père la rejoindra, assassiné par l'ex-mari de sa maîtresse.

Si Bigard a décidé aujourd'hui, à 53 ans, de se livrer, c'est parce que "c'est devenu très rapidement une question de vie ou de mort". "J'ai senti qu'il fallait que je décharge tout ça pour être plus léger, confiait-il au journal Le Parisien d'hier. J'ai l'âge de mon père quand il s'est fait assassiner. Et je suis tout le portrait de mon père : les mêmes colères... Je me suis dit : Qu'est-ce que je peux faire ? Ou je meurs comme mon père ou je continue à vivre. Mon sac était vraiment trop lourd; ce qui est important, ce sont les cailloux que j'en ai sortis." Une fois la première mouture rédigée, Jean-Marie Bigard avoue "avoir pleuré à toutes les pages". "Ça m'a remué à un point incroyable."

Le comique admet avoir subi le décès de sa mère comme "une injustice." Pour son père, c'était différent. "J'étais rodé avec la mort de ma mère, explique-t-il, toujours dans Le Parisien. Il s'était passé un an. J'avais l'impression que je n'avais pas rangé mes habits noirs dans l'armoire. Que je n'avais qu'à les remettre. J'ai d'abord cru que mon père s'était tiré un coup de fusil pour aller retrouver ma mère. J'ai trouvé ça très beau. Ensuite, quand j'ai vu dans le box des accusés l'homme qui avait tué mon père, et qui regardait ses chaussures, qui s'était livré à la police, je n'ai pas eu une once de colère, de vengeance et toutes ses conneries qui sont tout le contraire de l'amour. Ça ne sert à rien."

Bigard revient également sur les difficultés qu'il a rencontrées professionnellement. Ainsi, au début de sa carrière, Philippe Bouvard lui assena un coupant : "Quand vous parlez, vous faites retomber l'ambiance".

Avec le recul, Bigard voit ça comme un incroyable déclencheur. "De toute façon, à chaque fois que le bon Dieu m'a mis des bâtons dans les roues - parce que c'est lui qui le fait -, c'était pour creuser la mer et que la vague soit plus belle et plus forte après. À chaque fois que je me suis pris les pieds dans le tapis, j'ai avancé vers quelque chose de plus fort et de plus grand."

Les compagnons de galère (Palmade, Tex, Baffie), son incommensurable foi du Dieu et celle qui partage sa vie depuis dix-huit ans ont également leur place dans ce livre.

Et aujourd'hui encore, tout n'est pas rose pour celui qui a réussi l'exploit de remplir le Stade de France. Son épouse, Claudia, a contracté une septicémie et le couple n'arrive pas, en outre, à avoir d'enfant. "Avec ma femme, on ne gagne jamais en trois sets, on ne gagne qu'en cinq sets, à l'archi-dernier moment. Ma femme a les deux trompes niquées, mais elle ovule encore. On n'a pas jeté l'éponge. Et puis, il y a l'adoption. D'ailleurs, pour moi, le paradis sur terre, ce serait ça : un bébé et un bébé adopté."

La vie ne l'épargne pas mais Bigard reste positif. C'est une question de survie...

Déborah Laurent

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