Amanda Sthers signe son troisième roman

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Message par Séverine le Mar 30 Oct 2007, 22:43

Effrayée par la vie (12/10/2007)

Amanda Sthers signe son troisième roman


BRUXELLES "Les gens qui m'importent me voient telle que je suis. J'ai gardé tous mes copains de maternelle et ce serait un peu compliqué pour eux de changer d'avis sur moi qu'ils ont vue en socquettes... En même temps, je suis traduite dans beaucoup de pays et j'ai vendu plus de livres en Italie qu'en France, par exemple. Or, là-bas, Patrick n'est pas connu. Quand on arrive dans un hôtel, on l'appelle Monsieur Sthers. " A la ville, la jeune femme frêle et plutôt effacée qui se tient face à nous est l'épouse de Patrick Bruel et la mère de ses deux enfants, Oscar et Léon. À pas encore 30 ans, elle a signé deux pièces de théâtre et trois romans dont le dernier, Madeleine , vient de sortir. C'est pour ça qu'elle est là, aujourd'hui. Pour évoquer cette femme un peu triste et son histoire d'amour impossible, sous le ciel bas du Finistère. Rencontre.

Cette petite Madeleine, vous l'avez croisée ?

"J'ai l'impression qu'elle est en moi aussi. Surtout. Madeleine, c'est quelqu'un que j'aurais pu être, si je n'avais pas été aimée par mes parents, si je n'avais pas pris le risque de vivre. Par exemple, c'est pas qu'elle n'est pas jolie : c'est qu'elle le pense tellement qu'elle finit par le devenir. On peut tous prendre dix kilos, ne pas s'arranger. Elle a choisi ça, elle est victime de ses souvenirs, de ses névroses. Elle a peur de vivre et moi, j'ai ça en moi. Très vite, j'ai créé une famille pour ne pas devenir ça. Parce que je suis effrayée par la vie, par les gens. Je suis très timide, introvertie. Tout ce que je fais maintenant est un effort sur moi-même. En fait, c'est entre les deux : c'est un plaisir et une peur. Et c'est vrai que ce personnage solitaire, qui place ses rêves à une hauteur qui fait qu'elle pense ne pas pouvoir les atteindre, me ressemble beaucoup."

Ce n'est pas du tout l'image que j'avais de vous ! C'est difficile d'être prise pour celle que vous n'êtes pas ?

"Non, parce qu'il y a toujours du vrai dans l'image que les gens prennent de moi. C'était le thème du Vieux juif blonde (sa pièce de théâtre, NdlR), d'ailleurs. Une petite nana blondinette de pas trente ans qui vous dit qu'elle souffre, que c'est douloureux toute cette solitude, c'est vite ridicule et je suis la première à le penser si je croise une nana comme ça. Mais les êtres ne sont pas ce qu'ils paraissent, c'est une leçon que l'on apprend assez vite. Après, il y a aussi les jeux que l'on joue et qui nous plaisent, par moments. Quand je monte les marches du Festival de Cannes, avec une belle robe, ça me plaît de penser que je suis une princesse. Dix minutes. Mais on n'est pas une seule personne. Les deux ans de solitude à écrire, c'est plutôt ça ma vie. Ce n'est pas le festival de Cannes. "

Est-ce que de temps en temps, cette Madeleine vous a tapé sur les nerfs ?

"Quand j'entendais les actrices dire qu'elles avaient eu du mal à se séparer d'un personnage, avant, je trouvais ça super ridicule. J'ai commencé à écrire ce livre juste après avoir accouché de Léon, qui vient d'avoir deux ans. Je n'arrivais pas à me débarrasser des rondeurs de la grossesse, je n'arrivais pas à retrouver mon corps et je me suis vraiment mise dans la peau de Madeleine. J'ai eu l'impression, quand j'ai refermé le livre, de me libérer d'un poids et de me remettre à exister pour moi. Ce n'était pas conscient, mais elle parasitait ma vie. Et puis, quand on écrit quelque chose d'un peu triste, une histoire d'amour dure, on va chercher dans sa vie de quoi l'alimenter. Donc, on va dans des directions pas forcément agréables ."

Certaines scènes de sexe sont assez crues. Ça vous vient facilement ?

"Oui. Je suis totalement impudique quand j'écris. Quand on est en train de faire l'amour, on n'est pas en train de réfléchir. Il y a une immédiateté, une crudité et une violence qui existent ."

Amanda Sthers, Madeleine, Stock. L'auteur dédicacera son livre à la librairie Filigranes, Av. des Arts 39-40, le 21 octobre à partir de 15 heures.

Isabelle Monnart
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